Les Amis du Musée de la Marine de Loire,

                                                                                       du Vieux Châteauneuf et sa région

 

CHAPELLE NOTRE-DAME DE L’EPINOY - LA BONNE DAME -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au couchant de la ville, entre le château et la route d’Orléans, apparaît une humble chapelle appelée Sancta Maria de Castro Novo, ou  Notre Dame de l’Epinoy. C’est le débris d’un édifice vaste et très ancien, à l’entrée duquel s’élevait jadis une tour majestueuse. » 

Voilà  le début de la présentation de cette chapelle rédigée en 1864 par l’Abbé Bardin, curé et historien de Châteauneuf-sur-Loire à cette époque.

L’origine de ce sanctuaire, sans doute le plus ancien de Châteauneuf, remonterait aux premiers siècles (VIIème siècle ?).

La légende raconte qu’un pieux Seigneur aurait eu en songe des apparitions d’une dame couverte de déchirures d’épines. Marchant dans ses terres, il aurait un jour découvert une statue de la Vierge Marie au milieu d’un buisson d’épines. Il aurait édifié avec l’aide de la population une vaste église pour y placer la statue. La renommée de « Sainte Marie de Montraer (ancien nom de Châteauneuf) » était alors très grande. On l’appela ensuite « La Vierge sauvée des épines » ou encore « Notre-Dame de l’Epinoy » et puis « la Bonne Dame ».

En 1135, Louis VI donna l’église et les biens qui en dépendaient aux moines de Fleury (Saint-Benoît) qui fondèrent un prieuré plus tard rattaché en tant qu’annexe à celui de Vitry-aux-Loges. C’est une église importante – voir ci-dessous détail d’un tableau du musée de la fin XVIIème - qui comporte en plus un cloître. La gravure de Chastillon (début XVIIème) confirme combien l’édifice est important. 

Les rois se succèdent et l’église subit les mêmes aléas que le château. C’est ainsi qu’en 1685 l’état de dégradation laisse présager la ruine et le 22 janvier 1726 le clocher écrase dans sa chute l’ensemble de l’édifice. Le prieur fut autorisé à reconstruire l’église. Faute de moyens, elle fut rebâtie mais de taille plus petite, celle que nous lui connaissons aujourd’hui, avec le porche roman du XIème siècle. L’évêque d’Orléans la bénit le 10 septembre 1728.                                                                                                 

Pendant la Révolution, elle fut convertie en magasin d’approvisionnement pour les troupes après que la statue ait été cachée. Bien national, la chapelle est vendue le 10 juillet 1796 à Pierre Maria et, malgré son mauvais état, sera rendue au culte devant l’insistance des habitants de Châteauneuf. Il la revendra 400 francs à la fabrique le 10 décembre 1823. La voûte fut reconstruite en 1844 et Eulalie Lebrun, propriétaire du château, offrit la cloche en 1846.

Face à la chapelle, une croix biface, très rare dans notre région, est en place depuis le 15 août 1885.

La chapelle Notre-Dame de l’Epinoy a été pendant des siècles un lieu de pèlerinage. Les vignerons de Châteauneuf se sont placés sous sa protection, avec notamment un pèlerinage chaque année le 08 septembre ; deux bannières sont toujours pendues à proximité du retable où est installée la statue de la Vierge. Ainsi, jusqu’en 1994, une messe était célébrée ce jour-là perpétuant la tradition ; par ailleurs la chapelle servait aussi d’annexe à l’église paroissiale Saint Martial, pour des baptêmes et des mariages.

Son état, une fois encore, avait donc entraîné sa fermeture jusqu’à ce jour de mai 2011 où, remise en état par la municipalité comme l’ont fait tant de générations au fil des siècles pour tenter d’effacer les agressions des hommes et du temps, elle retrouve tout son éclat et va pouvoir connaître à nouveau une certaine vie, à la grande satisfaction de nombreux Castelneuviens attachés à ce lieu.

Quelques informations :

-        Surface au sol : 103 m2  

-        Hauteur des murs : 5,40 m, de la voûte : 10,50 m, du clocheton : 15 m.

-        La porte romane et la croix biface sont classées à l’inventaire des monuments historiques.

-        Dans le mur sud, à proximité de l’autel, lors des travaux de restauration, ont été découverts les restes d’une piscine liturgique, ou lavabo, attestant de sa construction avant le XIIIème siècle.

-        L’abbé Berton affirme dans ses « Notes historiques sur St-Martin-d’Abbat (1888, imprimé en 1913) que le retable en bois de la chapelle provient de l’église de St-Martin. 

-        L’inscription sur le fronton du retable : « Sicut Lilium Inter Spinas » signifie « Comme un lys au milieu des épines ».

Texte rédigé par l’Association des Amis du musée de la marine de Loire, du vieux Châteauneuf et sa région. Mai 2011.

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